LE JEÛNE: DE L'APPROCHE EMPIRIQUE À LA RECONNAISSANCE SCIENTIFIQUE 5ème partie: Peut-on aider l



Nombreux sont les instituts qui proposent en accompagnement du jeûne des soins (massages, hydrothérapie, gymnastique…) sensés accélérer l’élimination des toxines. Cette vision est aussi partagée par de nombreux naturopathes ou médecins spécialistes du jeûne.

Mais peut-on réellement forcer le corps à accélérer son nettoyage ?

Avant de répondre à cette question, définissons au préalable ce que l’on entend par « élimination ».

Bien souvent on confond « excrétion » et « élimination ». Lorsqu’on prend un diurétique (sous forme de complexe de plantes ou autres) pour uriner davantage ou que l’on utilise une technique laxative (hydrothérapie du colon, lavements ou plantes drainantes …) pour favoriser la vidange des intestins, on ne fait qu’accélérer l’excrétion de déchets qui auraient tout de même fini par être évacués hors du corps. Ce qui est contenu dans les reins, vessie ou intestins n’est en fait que des déchets déjà en voie d’être éliminés et déjà en dehors du milieu cellulaire.

Or, c’est au plus profond de nos tissus que l’élimination doit se faire pour améliorer les échanges cellulaires et libérer le corps de ses toxines profondes. L’élimination se confond donc avec l’autolyse. Eliminer, c’est désintégrer ses vieilles structures profondes et les transformer afin de les utiliser pour régénérer nos organes. Shelton écrit : « La texture, la tonicité, l’aspect et l’utilité de nos organes et de nos fonctions seront aussi beaux, après avoir été purifiés et nettoyés par le jeûne, que sont les soieries et les dentelles salies, après l’opération de nettoyage. » (3)

Ainsi, on comprend que les stimulations périphériques favorisant diverses excrétions tels que les lavements, des respirations profondes, des exercices, des bains, l’ingestion de grandes quantités d’eau ou de tisanes, le sauna, le hammam…n’auront pas d’effets sur l’activité auto-lytique mais ne feront que stimuler la fin du processus d’élimination. Certes, il est important que toutes les voies de l’excrétion fonctionnent correctement durant un jeûne car les reins, la peau ou les intestins vont recevoir une quantité non négligeable de déchets à filtrer et extraire du corps, mais en aucun cas les soins décrits ci-dessus n’accélèreront l’élimination au niveau cellulaire. C’est même le contraire qui risque de se produire.

Certains jeûneurs pensent par exemple qu’en faisant plus d’exercices pendant le jeûne ils élimineront plus rapidement toutes les impuretés contenues dans leur corps. En réalité, toutes ces techniques sont pour de nombreux hygiénistes, inutiles et provoquent même des pertes d’énergie nerveuses. En effet, réaliser une marche de deux heures, prendre des bains ou faire du sauna, … ne font que détourner notre énergie nerveuse du processus d’autolyse. Shelton précise : « Toute nouvelle source d’énervation devient un nouvel obstacle à l’élimination. Tous nos efforts devraient tendre à conserver par tous les moyens les forces et les réserves du malade, et non à la dissiper aussi rapidement que possible. Le repos, le calme, la tranquillité, la chaleur sont plus importants que n’importe quelle méthode de traitement jamais conçue ». Il rajoute « Rien d’autre ne peut mieux augmenter l’élimination par toutes les voies d’excrétion que le jeûne. Rien d’autre ne fournit aux organes d’élimination une occasion semblable de combler leur retard et de mettre leur travail à jour » (3).