top of page

LES ABUS ET LEURS CONSEQUENCES PSYCHOLOGIQUES

Dernière mise à jour : 7 mars


Nous avons et nous serons tous victime d’abus. Sans doute avons nous aussi été bourreaux sans en être conscient. Qu’ils soient d’ordre intellectuel (domination, manipulation…), émotionnel (chantage affectif), corporel (maltraitance physique), ou sexuel (inceste, viol), les abus se retrouvent dans toutes les histoires familiales. Si ces abus ont tous un impact sur nos comportements et notre santé leurs répercussions sont d’autant plus dramatiques quand c’est dans notre enfance que nous y sommes confrontées. Alors nous enfouissons ces traumatismes dans notre inconscient et nous en subissons les conséquences tant que nous ne libérons pas cette souffrance. Comment faire pour identifier et libérer ces abus ?

Ce sera l’un des grands thèmes de notre prochain séminaire « Des outils pour accompagner la déprogrammation conflictuelle » les 1 et 2 AVRIL à Dannelbourg (Possibilité de suivre en visio)- Programme ci dessous

En attendant je vous propose un article qui vous permettra de mieux comprendre les conséquences psychologiques des abus sexuels.


Les abus sexuels et leurs conséquences psychologiques


Lorsque que l'on commence à travailler sur de nombreux arbres généalogiques, on est surpris de constater le nombre important d'abus sexuels. Et encore, il ne s'agit que de ceux qui sont connus car ces abus constituent un tabou majeur et les familles en font des secrets bien gardés. Pourtant, leurs conséquences ont des répercussions majeures pour la victime mais aussi pour tout le clan et ce, sur plusieurs générations. Mais peut-on parler d'abus sexuels comme d'une maladie que l'on subit ou que l'on transmet? Que l'on soit abuseur ou abusé, nous posons l'hypothèse qu'il existe des programmes inconscients dont les conséquences psycho-biologiques sont souvent terribles mais pas insurmontables.



L'abus sexuel consiste dans « l'acte par lequel un adulte ou un adolescent contraint un enfant à une expérience sexuelle avant le temps juste, ou/et l'empêche de connaître cette expérience au moment juste (Jodorowsky) ». La définition de l'abus sexuel est vaste: ce peut être tout geste ou comportement susceptibles de nuire au bon développement de la personne (viol avec attouchement et/ou pénétration, gestes déplacés, visualiser des images pornographiques...mais aussi interdire la sexualité de façon abusive comme punir la masturbation...) Dans tous les cas, l'abus est produit par des adultes qui voient l'enfant comme un objet sexuel et non comme sujet sexué. Nous pouvons bien sur élargir cette définition aux abus fait sur l'adulte.


Conséquences psychologiques et phénomène de répétition


Que ce soit au sein de la famille (inceste) ou à l'extérieur (par un étranger), le viol crée dans le psychisme de celui qui l'a subi, une sorte de possession. Il devient une obsession, une phobie ou une fixation. Plus particulièrement si la victime est un enfant, incapable de se détacher du traumatisme qu'elle a vécu, elle pourra réagir plus tard de deux façons opposées: soit en reproduisant directement ce qu'elle a vécu en faisant subir ce qu'on lui a fait subir, soit indirectement en cherchant à s'en éloigner par tous les moyens. Dans les deux cas, l'abus reste au centre des préoccupations de la victime. Par exemple, il n'est pas rare qu'une personne abusée sexuellement se masturbe compulsivement sur des scénarios rappelant l'abus, ou qu'elle ait des pulsions pédophiles. Une de mes patientes, abusée dans son enfance, s'interdisait (inconsciemment) d'être enceinte car me confiait-elle en pleurant: « Si j'ai un enfant, j'aurais trop peur de ne pas pouvoir m'empêcher de le toucher!»

Tout abus sexuel engendre une insatisfaction durable. L'enfant soumis à une relation de ce type attend toujours l'amour que l'adulte ne lui donnera pas; il risque alors dans sa vie future, de reproduire les circonstances d'un abus similaire, attendant sans fin le même amour qui n'est pas venu dans l'enfance. Il n'est pas rare de voir alors des filles prêtes à «coucher» avec le premier venu dans l'espoir de recevoir un peu d'affection et d'amour. Malheureusement, prisonnière d'un programme inconscient, elles n'attireront que des hommes qui la considèreront comme objet sexuel et elles resteront dans leur frustration affective.


Pourquoi ces répétitions?


Nous reproduisons en permanence l'ambiance émotionnelle de notre enfance. Nous nous traitons nous même comme on nous a traité. Dans le cas d'un inceste répété, aussi douloureuses qu'ont pu être ces expériences, elles sont un lien qui nous unit à la famille et nous offre le plaisir et la sécurité d'appartenir à une tribu (l'appartenance au clan est vitale sur le plan de la survie).

Dans le cadre de l'abus sexuel au sein de la famille, l'enfant en manque d'attention et d'amour s'accroche à cet échange, c'est souvent le seul lien connu envers ceux dont il espère encore être aimé. L'enfant, pensant qu'il mérite tout ce qu'on lui inflige, se sentira complice de l'abus qu'il intègre à sa propre identité (seule manière qu'il connaisse d'appartenir à son clan). Il tend alors a répéter cet abus car la répétition est rassurante (rien ne change = sécurité) même si elle est aussi douloureuse et qu'elle s'accompagne d'un sentiment de culpabilité et de honte.

Parfois l'enfant abusé sera dans le rejet de tout ce qui évoque son abus (refus de la sexualité ou du contact...). Par exemple, il ne supportera pas d'être massé ou il pourra militer activement contre le viol ou l'abus des enfants ! Ce que l'on considère alors comme de la compassion n'est en fait que sa façon de gérer son conflit. En s'attaquant à ce que l'on ne supporte pas de vivre, on espère inconsciemment guérir de nos expériences les plus douloureuses et culpabilisantes.

D'un autre coté, l'abus sexuel peut conduire à une hyper sexualité. Pour oublier l'agression, certaines victimes multiplient par la suite les partenaires et/ou les expériences sexuelles (conduites addictives) allant parfois même jusqu'à la prostitution. Cela peut paraître étrange, mais le but est d'essayer d'effacer le viol en le recouvrant d'expériences multiples. Il peut aussi s'agir de chercher à prendre le contrôle de sa sexualité sur l'autre, de devenir chasseur plutôt que victime. Cette manière de réagir rend souvent extrêmement malheureux et mal dans sa peau d'autant plus qu'il ne procure aucun plaisir.


Pourquoi les victimes de viol présentent-elles souvent une amnésie ?


Face au tsunami émotionnel provoqué par certains abus sexuels, il y a aussi une déconnexion du circuit de la mémoire qui va entraîner d'un côté des troubles de la mémoire (jusqu'à 40% des victimes peuvent avoir une amnésie traumatique dans le cadre de violences sexuelles dans l'enfance et 60% peuvent avoir des périodes d'amnésie). De l'autre côté, il peut y avoir une mémoire traumatique qui, elle, est déconnectée de tout le circuit de la mémoire habituelle.

On peut donc d'un côté avoir une amnésie et de l'autre avoir une mémoire incontrôlée, ce que l'on appelle la mémoire traumatique où par moments, vont remonter des flashs, des cauchemars, des sensations, des émotions, des douleurs, des éléments, des moments... du viol qui vont ressurgir lorsqu'un élément va rappeler le traumatisme (parfois on peut avoir des flashs car on peut voir une personne qui ressemble au violeur de son enfance, cela peut provenir d'un endroit où le viol s'est produit, il peut s'agir aussi d'une date anniversaire... ou bien sur , dans le cadre d'une prise en charge qui permet de travailler sur ce qui s'est passé...) Ce phénomène correspond au mécanisme de protection du cerveau que nous avons appelé «refoulement sélectif». Si la victime ne se souvient pas de son abus, en revanche son corps lui n'oublie jamais. La mémoire de l'abus sexuel transparait au travers de comportements et de manifestations symptomatiques qui doivent servir de point de départ pour ramener à la surface (niveau conscient) ce qui a été enfouit dans l'inconscient.


Les signes d'abus sexuel

Sur le plan comportemental les personnes victimes d'abus sexuels présentent fréquemment les caractéristiques suivantes :
 refus de tout contact corporel (y compris serrer la main), méfiance constante vis-à-vis des autres, altération de l'humeur (état dépressif), évitements sexuels et relationnels entravant la vie sentimentale, conduites d'échec à répétition, conduites alimentaires problématiques (anorexie/boulimie), aversion extrême pour les soins dentaires (vécus comme trop intrusifs), refus et terreur de l'examen gynécologique, déni de grossesse/accouchement da