LES VÉGANS SONT-ILS SPÉCISTES ET EN SOUFFRANCE ?

Lettre réponse à un végan

Cette lettre fait suite aux remarques d’un Végan à mes vidéos suivantes sur Youtube concernant le véganisme (que je vous invite à visionner) :

Peut-on s’alimenter sans tuer. Le mythe du véganisme https://www.youtube.com/watch?v=pNnpEbWoCtc&t=184s


L’homme est-il adapté au régime végétalien ?

https://www.youtube.com/watch?v=Mz5syoqZ2wc


Voici mes réponses et ma réflexion (vous comprendrez les questions au travers de mes arguments- réponses).

Tout d’abord, je ne prône absolument pas la consommation de viande et encore moins celle provenant d’élevages industriels. En tant que naturopathe, j'essaye juste de comprendre la biologie et de proposer ce qui peut être le plus adapté à chacun d’entre nous en matière d’hygiène de vie et d’écologie en me basant sur les connaissances scientifiques, l’anthropologie, l’expérience et l’observation des anciens hygiénistes-naturopathes…


Argument 1- On ne doit pas consommer d’animaux car se sont des êtres sensibles.

Lorsque vous dites que vous ne consommez pas d'animaux à cause de leur sensibilité, le fait qu’ils aient un système nerveux et qu’ils ressentent des souffrances (ce qui est une évidence), posez- vous simplement les questions suivantes:

Lorsque vous consommez des céréales, leur récolte (mécanique) entraine la mort et la souffrance de milliards d'insectes (sauterelles, grillons...). Si l'agonie d'une sauterelle était filmée aurait-elle autant d'impact sur votre consommation de céréales? Une sauterelle a-t-elle moins de valeur à vos yeux qu'une vache parce qu'elle est plus petite ou que sa souffrance ne ressemble pas à celle de l’homme (notion anthropomorphique) ?

D'autre part, de nombreux travaux ont montré que les végétaux ressentent du stress lorsqu'ils sont agressés, ils sont même capables d'interagir et de communiquer entre eux pour se protéger de certains prédateurs (c'est par exemple le cas des acacias qui émettent à distance des messages pour modifier leur tanin afin de rendre leurs feuilles incomestibles pour les antilopes. Cela veut dire que même les végétaux luttent pour ne pas mourir ni souffrir. Ils ressentent les choses certainement différemment des animaux mais leur souffrance est bien réelle et a même été mesurée lorsqu'on les torture par l’émission de « pics de stress » matérialisés par des détecteurs.


Ce qui compte n’est pas uniquement la douleur ressentie c’est aussi le désir de vivre (vitalisme) qui est le fondement de toutes vies sur terre qu’elle soit humaine, animale ou végétale. Et à ce niveau là, il n’y a pas de différences entre ces trois règnes.

En effet, les végétaux n’ont sur ce plan rien à envier aux hommes. Il existe de nombreux exemples de stratégies de défense des végétaux qui ne veulent pas mourir et qui se défendent en libérant des molécules toxiques pour leur agresseurs (Les haricots rouges sécrètent un poison qui peut tuer leur prédateur, l’araignée du Mexique). Le chou est même capable d’émettre une vibration qui attire une guêpe qui est le prédateur de la larve qui mange le chou. On a ici une coopération entre espèces (un végétal communique avec un animal dans le cadre d’une entraide réciproque). Si ça ce n’est pas la marque d’une forme d’intelligence et de sensibilité des végétaux et des insectes alors qu’est-ce que c’est ?


Nous sous-estimons l’intelligence et le désir de vivre de tous les êtres vivants. Une militante Végan me disait que les moustiques ou les guêpes ne servent à rien et sont une forme de parasite, donc ils auraient moins de valeur que d’autres animaux. Mais si la nature a prévu leur existence, c’est qu’il y a une raison ; celle de nourrir d’autres animaux (souvenez- vous de vos leçons à l’école primaire sur la chaine alimentaire). Et se positionner en victime des moustiques c’est être spéciste. Raisonner ainsi, c’est mettre l’humain au sommet d’une hiérarchie animale et c’est refuser de considérer le moustique comme faisant partie d’un équilibre naturel (même si nous n’en comprenant pas toujours le sens). Oui, la maman moustique a le droit de nourrir sa progéniture et donc de piquer pour survivre. C’est exactement ce que nous faisons en exploitant les richesses (« le sang ») de la terre.


Ce que je veux dire c'est que l'homme pour vivre, ne peut se nourrir que de la vie et que tout être vivant, qu'il soit animal ou végétal ne veut pas mourir. C’est pour cela qu’ils développent tous des stratégies de survie comme la libération de lectines, tanins, phytates et autres poisons pour les végétaux. Prendre la fuite, se regrouper en troupeau ou mimer la mort (pour les animaux « prédatés ») et développer des stratégies de chasse, d’élevage ou de culture pour les humains. Végétaux, animaux, humains même combat, celui de la survie : dans ce sens, il n’y a pas de hiérarchie entre les espèces végétales ou animales.


Argument 2 : On me reproche d’être spéciste car je prône parfois un retour vers un régime ancestral basé en partie sur la consommation de viande, poisson ou œufs.

Mais quand vous dites à un vegan que chaque jour, sa façon de vivre (rien que le fait de se déplacer, d’acheter des habits même vegan ...) est à l’origine d’une pollution qui contribue à la mort de nombreux insectes, qui entraine à son tour la disparition d’oiseaux … ils me répondent qu’un insecte à moins de valeur qu’une vache ou un cochon. Mais ça c’est exactement la définition d’une personne spéciste !

Nos ancêtres à qui nous devons d’être en vie aujourd'hui, n'ont pu survivre pendant des centaines de milliers d'années que grâce à la viande (sauvage). Aujourd’hui, le problème n’est pas le fait de consommer ou non des produits animaux, le problème vient de la souffrance et de la pollution associée à l’élevage industriel ou à la culture intensive. Je suis pour le retour aux petites exploitations, aux fermes locales où l’on élève dans des conditions idéales des animaux qui nous rendrons aussi des services (fumier, engrais naturels, entretien des espaces verts).


Argument 3 : La consommation d’une protéine d’origine animale est plus coûteuse en énergie et en pollution qu’une protéine d’origine végétale.

Tout d’abord, il faudrait comparer la valeur biologique (quantité d’acide aminé assimilable dans 1 g de protéine). 1 g de protéines issues de lentilles n’apporte pas la même quantité d’acides aminés utilisables par notre organisme. Il faudrait donc déjà comparer ce qui est comparable. Un œuf apporte bien plus d’acides aminés facilement utilisables que 100g de lentilles !

D’autre part, lorsqu’on élève un animal en le laissant grandir dans sa « famille » (le bébé au contact de sa mère), que l’on ne surmène pas et qu’on le nourrit en le laissant pâturer une grande partie de l’année, celui- ci ne consomme que très peu d’eau, n’a pas besoin de maïs ou autres céréales pour engraisser, il ne tombera pas malade et n’aura aucunement besoin de vaccin ou autres antibiotiques, il fournira du lait que l’on transformera en fromage, des engrais naturels et il ne polluera pas. Le prix de revient et l’impact environnemental des protéines issues d’une telle viande n’ont rien à voir avec les chiffres avancés par les vegans qui prennent l’élevage industriel comme référence. On peut donc vivre dans une collaboration intelligente et respectueuse avec les animaux de ferme. Bien sûr, cela passe par une consommation raisonnable de produits animaux afin qu’il n’y ait pas de surexploitation.


La colère des Vegans

Vous aurez peut-être remarqué qu’il est souvent difficile d’avoir une discussion posée avec un végétarien (vegan). Leur agressivité et leur militantisme guerrier ne sont pas anodins. Lorsqu’une réaction devient disproportionnée, elle est souvent la traduction d’une problématique plus profonde.


J’aimerais juste poser cette question aux végétariens agressifs :

« Demandez- vous peut-être d'ou vient dans votre histoire ce qui rend la souffrance animale insupportable à vos yeux ? »


Car ce qui est vraiment insupportable pour un Vegan, c’est que l’on fasse souffrir un animal et que cette souffrance soit visible. Savoir que des milliers d’animaux sont morts (insectes, vers, larves…) dans la culture des végétaux pour qu’ils puissent se nourrir ne dérange pas un vegan car cette violence reste invisible. Ils rétorquent que la terre et les animaux qu’elle contient se renouvellent. Mais accepteriez- vous que des êtres qui nous soient « supérieurs » exploitent notre planète pour se nourrir en détruisant villes et villages, des familles entières et qui prétexteraient que ce n’est pas grave puisqu’il reste suffisamment d’êtres vivants pour que ce vivier se renouvelle régulièrement. C’est ce que nous faisons en exploitant la terre de façon naturelle et écologique. Pour ce qui est de l’exploitation intensive, la terre se meurt définitivement à cause des engrais chimiques. Les meilleurs engrais naturels que nous ayons viennent de l’animal (fumier, crottin, sang…) !


Je pense que les violences et souffrances faites aux animaux, souffrance dont l’expression ressemble à celle des humains, renvoient le Vegan à sa propre souffrance enfouie en lui. On appelle cela « l’empathie ». Une personne n’a de l’empathie (c’est à dire qu’elle va comprendre la douleur des autres) que parce qu’elle reconnaît sa propre douleur. On ne reconnaît que ce que l’on connaît déjà. Mais comme cette douleur est inacceptable et inaccessible, elle crée e une hypersensibilité à chaque fois qu’elle est réveillée.


Néanmoins, il y a peu de personnes qui peuvent rester insensibles aux images de L 214 et que si bien sûr, on pouvait éviter ces massacres d’animaux ce serait déjà bien. Cependant, si les militants de L214 devaient être justes, ils s’épancheraient aussi sur le massacre de tous les insectes et végétaux…


Enfin, le débat est ouvert, mais sachez que j’ai récupéré des personnes vegans décharnées, dévitalisées et que vivre en conservant une bonne vitalité musculaire sans consommer de protéines animales est plus difficile (mais bien sûr n’est pas impossible) pour la majorité d’entre nous. Attention, je le répète, je ne dis pas que c’est impossible, je l’ai été moi-même durant une période. Le veganisme est même possible pour les sportifs de haut niveau, en particulier dans les sports d'endurance. C’est bien plus rare lorsque l'on doit faire des efforts de force et de travail physique intense (c'est même un végétalien bien connu qui le dit,Gilles Lartigot). Il est possible d’entretenir sa masse musculaire en consommant uniquement des végétaux mais prendre de la masse musculaire en ne consommant que des végétaux n’est pas à la portée du premier venu et en particulier des sujets rétractés (minces) qui manquent de vitalité. Cependant, il existe des compétiteurs dans certains sports de force qui se disent Vegans. Mais lorsque je les observe et connaissant bien le milieu des sports de force (haltérophilie, culturisme, cross fit…), il est fort probable (à quelques exceptions près), qu’ils se dopent aux anabolisants.


Pour ma part, j’ai fait le choix de réduire ma part de produits animaux et de consommer des animaux issus de fermes bio uniquement qui n’ont reçu ni vaccin, ni nourriture OGM ou antibiotiques… Ces animaux sont en liberté la journée et broutent de l’herbe ou mangent du foin en hiver. Pour les poissons, je les prends sauvages et issus de la pêche durable. Bien sûr, je ne connais pas les conditions d’abatage, comme je ne sais pas si les poissons sauvages que je consomme ont vraiment souffert lors de leur pêche. Mais je sais, pour observer les animaux de ferme que je consomme, qu’ils auront eu une vie plutôt acceptable.


Nos choix alimentaires feront mieux que notre militantisme acharné. Notre mode de consommation est notre bulletin de vote. Vivons pour un idéal sans imposer notre modèle aux autres. Ne cherchons pas l’affrontement, soyons le monde que nous souhaitons. Portons notre réflexion au- delà des apparences, au- delà des débats passionnés et des colères exacerbées sinon à quoi bon se battre pour limiter la violence et la souffrance animal si c’est pour la générer autour de soi ?


Bonne suite à vous et continuez de vous poser les bonnes questions.


Jean-brice Thivent

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