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Réinventer le vieillissement 9 habitudes pour transformer votre deuxième moitié de vie

  • Photo du rédacteur: Jean Brice Thivent
    Jean Brice Thivent
  • il y a 10 heures
  • 7 min de lecture

La vieillesse n’est pas une dégénérescence, un déclin programmé ou une fatalité.  C’est un terrain de transformation profonde et le début d’une nouvelle aventure. Trente années de pratique clinique m’ont appris ceci : la plupart des personnes attendent une forme de permission venant d’autres personnes pour commencer à vivre réellement. Elles attendent la retraite, un signe extérieur, une justification sociale. Elles pensent que l’âge leur impose une retraite silencieuse.



Et si, après 50 ans, nous commencions à vivre pour de vrai ?


Les neurosciences nous invitent à renverser le mythe d’une sénescence irréversible. Aujourd’hui, il est établi que notre cerveau conserve une plasticité remarquable tout au long de la vie, et que certaines habitudes peuvent non seulement freiner le vieillissement, mais parfois en inverser certains aspects biologiques et psychologiques. Voici ces neufs habitudes que je m’efforce d’appliquer au quotidien, non comme des prescriptions contraintes abstraites, mais comme des leviers concrets, véritables outils de prévention à une dégradation neurocognitive.


1. Redécouvrir le mouvement : l’intention avant la performance

Bouger n’est pas simplement brûler des calories ou satisfaire un idéal corporel.Bouger, c’est dialoguer avec notre corps, le stimuler, le sculpter, le faire vibrer !

Que ce soit la marche, le vélo, le footing, la danse…  des sports collectifs ou de raquettes pratiquées quotidiennement ils sont bien plus que du mouvement. Ils stimulent l’hippocampe – une région clé pour la mémoire et l’apprentissage – et peut en augmenter le volume1. Ce phénomène a été documenté scientifiquement : l’exercice d’endurance modéré est associé à une augmentation de la matière grise et à la protection contre le déclin cognitif1.

Ce n’est pas la vitesse qui compte, ni l’intensité, mais la régularité et le plaisir. Marcher, danser, nager, jardiner ou pratiquer le yoga invite votre cerveau à tisser de nouvelles connexions neuronales, sans distinction d’âge. Les activités de résistances comme la musculation (sous toutes ses formes), complète parfaitement cette approche globale de la santé en stimulant la masse musculaire ce « puit métabolique » qui compense de nombreux écarts de note mode de vie moderne.


2. Apprendre pour exister : sortir de la routine cognitive

Apprendre un nouveau langage, un instrument de musique, l’informatique, la peinture, ou bricoler… ce n’est pas une fantaisie : c’est un acte neurologique.Quand vous confrontez votre cerveau à un nouveau défi, il recrute de nouvelles zones corticales, crée des synapses, augmente la production de protéines essentielles au fonctionnement neuronal2.

La réserve cognitive – cette capacité du cerveau à résister à l’atteinte neurologique – se construit tout au long de la vie par l’apprentissage, et elle protège contre le déclin cognitif3. Lire, résoudre des énigmes, apprendre une nouvelle compétence : ces activités sont un investissement concret dans votre capital cérébral. Ne vous contentez pas d’être réceptif, soyez émissif et créatif !


3. Cultiver des liens authentiques : la biologie de la connexion

L’être humain est un animal social. L’isolement est un facteur de risque réel pour la santé. Les études montrent que l’isolement social après 60 ans augmente significativement la mortalité, parfois davantage que l’obésité ou la sédentarité4.

Mais il ne s’agit pas de multiplier les contacts superficiels, encore moins les “amis” sur les réseaux sociaux : il s’agit de relations profondes, chaleureuses, où l’on donne et reçoit soutien, affection et reconnaissance. Ces interactions concrètes déclenchent la sécrétion d’ocytocine, hormone du lien social qui réduit le stress, améliore le système immunitaire et fortifie la résilience5. Mais attention il peut devenir aussi toxique et épuisant de chercher le contact social à tout prix. En vieillissant on a le droit de devenir plus sélectif !

 

4. Méditer et respirer : ralentir pour avancer

Dans un monde qui glorifie l’accélération, apprendre à ralentir peut sembler contre-culturel. Et pourtant, la méditation de pleine conscience ou les techniques de relaxation-respiration ne sont pas des pratiques ésotériques : elles ont des effets mesurables sur le cerveau. Huit semaines de méditation modifient la structure cérébrale, réduisent l’activité de l’amygdale (centre de la peur) et renforcent le cortex préfrontal (lié à la régulation émotionnelle)6.

La respiration consciente, quant à elle, influence directement le système nerveux autonome. Une respiration lente active le système parasympathique, propice à la récupération, à la détente et à la régénération. Maîtriser votre respiration, c’est littéralement apprendre à réguler vos mécanismes physiologiques internes.


5. Nourrir le cerveau : l’alimentation comme médecine quotidienne

Votre cerveau, organe extraordinairement vorace et sélectif, ne représente que 2 % de votre poids corporel, mais 20 % de l’énergie que vous dépensez chaque jour. Il a besoin de nutriments spécifiques pour fonctionner efficacement, et certains régimes alimentaires ont démontré des effets protecteurs contre le déclin cognitif.

Si le régime méditerranéen est le plus étudié aujourd’hui, vous connaissez peut-être ma préférence pour les régimes « paléo-cétogène » ou « law carb ». En tous cas évitez les glucides en excès surtout sous leur forme amidonné, raffiné et transformé, qui augmentent la résistance à l’insuline de vos neurones et carencent l’organisme (anti-nutriments). Méfiez-vous donc de l’excès de céréales, même de fruits et surtout de jus de fruits, desserts sucrés… Apportez des aliments riches en oméga-3, en antioxydants avec juste ce qu’il faut de fibres et vous observerez une réduction significative du risque de déclin cognitif et de maladies neurodégénératives7. Les oméga-3 présents dans les poissons gras maintiennent la fluidité des membranes cellulaires et facilitent la communication entre les neurones. Les antioxydants des légumes verts et des fruits colorés réduisent le stress oxydatif qui endommage les cellules cérébrales.

 

6. Donner du sens : l’Ikigaï et la mission personnelle

La science des zones bleues – ces régions du monde où vivent des personnes en bonne santé jusqu’à 100 ans et plus – montre un même phénomène : un sens profond à la vie8.

Le mot “Ikigaï” se compose de deux termes japonais : “iki”, qui signifie “vie”, et “gai”, qui représente “la valeur ou la raison”. Ainsi, littéralement, l’Ikigaï peut être traduit par “la raison de vivre” ou “ce pour quoi nous nous levons le matin”.

Ce sens peut se trouver dans l’art, l’engagement, la transmission intergénérationnelle, l’aide aux autres, la créativité, ou simplement l’attention portée à chaque jour.

Quand vous vivez selon vos valeurs fondamentales, votre cerveau libère de la sérotonine, neurotransmetteur du bien-être et de la sérénité. Et ce n’est pas un effet placebo : c’est une réponse neurobiologique réelle au sentiment de cohérence intérieure. On appelle cela la réalisation. Et vous qu’est-ce qui vous apporte le plus de joie et de sérénité ?


7. Sexualité et plaisir après 60 ans restent essentiels

L’une des idées les plus erronées de notre société est que la sexualité disparaît avec l’âge. Elle ne disparaît pas. Elle évolue. Et cette dimension humaine est loin d’être accessoire.

La sexualité et l’intimité, même sans pénétration et même sans partenaire, activent des circuits cérébraux essentiels, tout en libérant des neurotransmetteurs (dopamine, ocytocine, endorphines) qui favorisent le bien-être affectif, la réduction du stress et la qualité de vie globale9.

La masturbation, longtemps taboue dans notre culture, est une expression autonome, consciente et libératrice de la sexualité. Elle permet tout au long de la vie de maintenir la connexion au corps, au plaisir, à la sensibilité. C’est un acte de connaissance de soi, un moyen d’explorer son intimité sans dépendre d’un partenaire. Elle n’est pas une obligation, ni une performance à atteindre, mais une option saine, respectueuse de soi, qui peut contribuer à une vie entière plus riche et plus satisfaisante.


 8. Le sommeil : une clé de la santé cérébrale

Le sommeil profond est un moment de nettoyage. Un système appelé glymphatique élimine les déchets métaboliques du cerveau pendant que vous dormez, y compris les protéines associées à des pathologies neurodégénératives10.

Dormir suffisamment (7 à 8 heures par nuit) n’est pas un luxe : c’est un investissement dans votre santé cérébrale. Un conseil : ne vous désynchronisez pas des rythmes circadiens et des rythmes sociaux. Un coucher entre 21h et 22h30 est acceptable sur ces deux plans à condition de le faire correspondre à un réveil adapté : respectivement entre 6h et 8h30. La régularité dans cette fourchette est optimale pour votre cerveau à condition d’avoir au moins 3 bon cycles de sommeil profond !


9. Trois compléments alimentaires intéressants

Les compléments alimentaires n’ont d’utilité en vieillissant que s’il compense des fonctions défectueuses. (Mauvaise digestion, insuffisance d’apport, déficit énergétique…). Je ne citerais que trois compléments pour moi quasiment essentiel en avançant en âge. Il s’agit du coenzyme Q10 pour son aspect antioxydant protecteur mitochondriale (en particulier dans les cas de fragilités cardio-vasculaires), le magnésium en cas de résistance à l’insuline et troubles nerveux et puis la créatine dont les découvertes récentes en font le complément le plus intéressant pour améliorer l’activité neuronale et apporter une source d’énergie qui vient compenser un fonctionnement souvent altéré du cerveau et qui vient compenser les dommages occasionnés par un sommeil moins réparateur.


Conclusion : libérez-vous des croyances limitantes

Nombreux sont ceux qui se répètent : « à mon âge, c’est trop tard » ou « je ne peux plus apprendre ». Ces croyances ne sont pas des vérités biologiques. Ce sont des constructions sociales et mentales qui limitent la plasticité même de votre cerveau.



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Références article

  1. Exercice et hippocampe : Colcombe, S. J., et al. (2006). Cardiovascular fitness, cortical plasticity, and aging. Proceedings of the National Academy of Sciences.

  2. Apprentissage et plasticité : Draganski, B., et al. (2006). Temporal and spatial dynamics of brain structure changes during extensive learning. J Neurosci.

  3. Réserve cognitive : Stern, Y. (2002). What is cognitive reserve? Theory and research application. J Int Neuropsychol Soc.

  4. Isolement social et mortalité : Holt-Lunstad, J., et al. (2010). Social relationships and mortality risk. PLoS Med.

  5. Ocytocine et santé : Carter, C. S. (1998). Neuroendocrine perspectives on social attachment and love. Psychoneuroendocrinology.

  6. Méditation et cerveau : Lazar, S. W., et al. (2005). Meditation experience is associated with increased cortical thickness. Neuroreport.

  7. Alimentation méditerranéenne : Scarmeas, N., et al. (2006). Mediterranean diet and risk for Alzheimer’s disease. Ann Neurol.

  8. Zones bleues et longévité : Buettner, D. (2012). The Blue Zones. National Geographic.

  9. Sexualité et santé après 60 ans : de Lamater, J. (2012). Sexual expression in later life: a review and synthesis. J Sex Res.

  10. Sommeil et nettoyage cérébral : Xie, L., et al. (2013). Sleep drives metabolite clearance from the adult brain. Science.

 
 
 

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