LE REDUCTIONNISME EN NUTRITION

Comment faire les bons choix alimentaires ?


Avant de lire cet article je vous invite à prendre 2 mn de réflexions pour répondre à la question suivante : Quels sont les critères santé dont vous pourriez tenir compte avant d’acheter un aliment ? Ma réponse en fin d’article.


Végétarisme, végétalisme, carnivorisme, primal-diet, crudivorisme, régime paléo, cétogène, méditerranéen, macrobiotique, dissocié… s’il est un domaine de la santé et de la naturopathie qui fait l’objet de débats parfois acharnés, c’est bien celui de l’alimentation idéale de l’homme. Comment savoir si un aliment est bon pour ma santé ? Face à une telle recherche on se heurte très vite au manque d’objectivité et à une vision très réductrice des paramètres à prendre en compte. Ces paramètres sont relatifs aux connaissances et croyances de chacun d’entre nous et sont souvent influencés par la doxa ambiante et des slogans matraqués à longueurs de journées sans aucun étaiement scientifiques. « Manger 5 fruits et légumes par jour » : est-ce réellement un bon choix pour tous quand on souffre d’inflammation intestinale ? « Préférer les protéines végétales aux protéines animales » comme si ces deux types de protéines étaient identiques. Savez vous simplement que ces premières ne sont pas complètes sur le plan des acides aminés essentiels. Même en associant légumineuses et céréales il est difficile de métaboliser des protéines à la hauteur de ce qu’apporte les produits animaux (plus complets en acides aminés) et moins chargés en anti-nutriments. La physiologie nous apprend donc que les végétaux sont souvent moins riches en nutriments assimilables que les produits animaux. Mais cet argument ne suffit pas. Nos choix alimentaires ne devraient pas relever uniquement des travaux de la science, sinon avec l’évolution des connaissances et surtout les études contradictoires associées aux conflits d’intérêts de l’industrie agro-alimentaire et des lobbies Il deviendrait impossible de nous positionner : Certains intérêts s’opposent entre l’industrie sucrière, l’élevage intensif, l’industrie Végan ; Le « steak » végétal et le « faux-gras » sont en plein essor et ce n’est pas pour améliorer notre santé ni l’écologie mondiale, ne soyons pas naïf!


En matière alimentaire (comme dans tous nos choix santé) voici les paramètres sur lesquels je base ma réflexion pour déduire qu’elle pourrait être un aliment ou un régime adapté :

- la physiologie digestive (Approche scientifique de la digestion)

- Les études scientifiques sur cet aliment et son impact santé

- Mon expérience et mon vécu/ressentis : j’observe comment mon corps réagit et évolue

- Comment les peuples dans le monde s’alimentent ainsi que l’évolution de leur santé en fonction de leur alimentation

- Et toujours un peu de bon sens (basé sur l’observation des faits) et non uniquement sur la théorie


Une pensée réductionniste consisterait à dire par exemple « les oméga 3 sont de bonnes graisses pas assez présentes dans notre alimentation occidentale alors je vais consommer plus d’huile de lin ou de noix (riches en OM3) » . Le raisonnement semble logique si l’on se base uniquement sur la teneur de ces huiles en OM3. Mais cela ne nous dit pas si notre corps est capable d’utiliser ces OM 3. Savez-vous que nous ne convertissons qu’une très faible quantité de ces OM 3 en EPA/DHA les seuls OM 3 que le corps peut utiliser ? De plus ces huiles s’oxydent rapidement et mobilisent nos réserves d’antioxydant (Vit E) pour éviter cette oxydation. Résultat, même avec 3 cuillères à soupe de ces huiles vous ne comblez sans doute pas vos besoins quotidiens en OM3 et vous risquez même de vous carencer en anti-oxydant ou de libérer des radicaux libres dans votre organisme. Le choix des OM 3 devrait reposer à la fois sur la teneur en OM 3, sur leur métabolisation (conversion), sur l’indice totox…mais aussi sur la teneur du produit en polluant ; prendre des huiles de poissons pleines de mercure n’est pas idéal…


Les critères pouvant influencer nos choix sont donc très nombreux. Voici quelques questions que nous pourrions nous poser avant de choisir un aliment santé (sans être exhaustif):

- L’aliment est-il bio ? de terroir ? Produit en respectant une éthique environnementale ?

- Quel est son temps de digestion ? Libère-t-il des molécules agressives une fois digéré ? Comment se transforme-t-il dans l’organisme ?

- Quels apports nutritionnels (fibres, vitamines, oligo-éléments..) ? Quels apports anti-nutritionnels (molécules qui empêche l’assimilation de nutriments) ?

- Doit-on le consommer de préférence cru ou cuit ?

- Contient-il des allergènes ou molécules pro-inflammatoires, oxydantes… ?

- Quelles répercussions sur le métabolisme, la prise de poids ou notre vitalité ?

- Est-il acidifiant ? déminéralisant ?

- Comment peut-on l’associer avec d’autres aliments ?

- Sans oublier : quel plaisir cet aliment va-t-il me procurer ?

- …


Un naturopathe devrait garder une vision globale pour réaliser des choix adaptés. Bien sur il devra faire correspondre ces critères aux besoins et au tempérament de son consultant après avoir réalisé un bilan de vitalité précis.


Affirmer que certains aliments sont parfaits pour la santé et que d’autres sont vraiment à éliminer sans tenir compte de la personne qui le consomme est absurde. Par exemple l’ail ou les oignons jouissent d’une réputation d’aliment santé. On leur connait des propriétés de fluidifiant sanguin et, leur teneur en soufre, en huiles essentielles ou autres nutriments en font un antioxydants et anti-infectieux notoires. Mais on oubli que leur forte concentration en lectines (poisons protecteurs des plantes) puisse les rendre très agressifs pour la muqueuse intestinale de certains d’entre nous ! Ce qui est bon pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre.


La nutrition c’est avant tout la rencontre d’un aliment (avec ces caractéristiques bio-chimiques) avec un organisme c’est-à dire ces capacités digestives, son énergie vital, ses besoins, son histoire...


Conclusion : Un peu de bon sens

Pour savoir qu’elle type de régime alimentaire seraient bon pour vous le mieux restent l’expérimentation. Observez les effets d’un changement alimentaire sur votre santé ; Demandez vous au bout de plusieurs semaines de ce mode alimentaire : Suis-je vraiment en meilleure forme, ai-je pris un peu de masse musculaire, ai-je grossi ou maigri, suis-je à un niveau d’énergie plus constant dans la journée, mes digestions sont-elles améliorées, mes performances sont-elles meilleures…? Et retenez deux choses

Nous pouvons nous tromper dans nos choix mais juste un peu et pas trop longtemps !

Une expérience personnelle vaut mieux que 100 théories ! A condition de rester objectif et conscient de nos particularités.





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