Pourquoi devriez-vous jeûner et combien de temps?
- Jean Brice Thivent

- 24 janv.
- 10 min de lecture
Les meilleures de toutes les médecines sont le jeûne et le repos – Benjamin Franklin
L’homme est-il fait pour jeûner ? Quels bénéfices pour l’organisme ? Que se passe-t-il dans votre corps quand vous jeûnez plusieurs jours ? Quels sont nos mécanismes adaptatifs ?
Découvrez dans cet article comment nous réagissons précisément à la pratique du jeûne

« Le jeûne bien conduit peut améliorer la longévité et la santé métabolique. »
Dr Valter Longo
Cela fait plus 30 ans que j’ai découvert l’intérêt de la pratique du jeûne Depuis j’ai pour habitude de jeûner 1 à 2 fois/ an 5 jours d’affilés. Le premier jeûne (en groupe voir ci-dessous) est préventif et s’inscrit dans mon programme d’hygiène de vie visant l’amélioration de la longévité en bonne santé. 5 jours est la durée optimale pour la science. Valter. Longo spécialiste mondial de la médecine anti-âge, a conduit une expérience avec des personnes âgées. Il proposa un protocole de 3 jeûnes de 5 jours espacés sur 6 mois. Les résultats obtenus furent spectaculaires : une amélioration de leur âge biologique de 2 an ½ !
Mon deuxième jeûne annuel ne se fait que si je suis atteint d’une maladie infectieuse saisonnière (grippe, ...). J’applique ici juste un principe d’Hippocrate : « Si tu es malade, jeûne un jour ou deux. » Je fais alors un jeûne à l’eau de 1 à 2 jours puis 3 jours avec un seule petite collation dans la journée (moins de 400 cal/jour). Ce jeûne accompagne ainsi le processus d’auto-guérison et permet la diminution des symptômes dans ce type de pathologie inflammatoire.
Le reste de l’année je pratique de façon aléatoire le jeûne intermittent (16/8) en fonction de mes ressentis et besoins !
Je vous explique ici pourquoi je pense que le jeûne bien conduit est un outil de santé incontournable.
D’abord un peu d’histoire…
Il y a environ 2500 ans, Hippocrate aurait quant à lui affirmé : « Il faut être mesuré en tout, respirer de l’air pur, faire tous les jours (…) de l’exercice physique et soigner ses petits maux par le jeûne plutôt qu’en recourant aux médicaments », principe repris et développé par Hildegarde von Bingen, puis par le Dr Kousmine. Le jeûne s’intègre donc dans une approche holistique de la santé, au sein de laquelle « le moins devient un plus ». Il permettrait au corps et à l’esprit d’accéder à ses pleines ressources de vitalité, voire de guérison.
L’homme a depuis les débuts de son histoire toujours vécu des périodes de jeûnes intermittents et de nourritures aléatoires. Il s’est adapté à cela bien plus qu’à une alimentation continue.
Ce n’est effectivement qu’avec l’apparition de l’agriculture, il y a environ 10 000 ans, que l’Homme a structuré son rythme quotidien par la prise de deux puis trois repas par jour, avant tout, pour des raisons sociales. Pour autant et à la défaveur des nombreux articles vulgarisés mentionnant que l’Homme connaît des périodes de jeûne prolongé depuis la nuit des temps, le Pr Cordain, expert dans l’alimentation de type paléolithique, a publié une synthèse mentionnant que « rien ne permettrait de supposer que l’Homme fut soumis à des périodes de jeûne prolongé, que ce soit à l’époque paléolithique ou au sein des populations actuelles ayant conservé une alimentation de type chasseur-cueilleur. »
Il est fort probable que nous soyons bien adaptés à des jeûnes de quelques heures ou quelques jours et non plusieurs semaines même si nous avons des réserves pour jeûner plus de 60 jours ! Je rappelle ici que le record du monde suivi scientifiquement est de 382 jours par l’irlandais Angus de Barbieri ! Mais nous n’avons pas tous les mêmes réserves que lui (Il pesait au départ plus de 200kg pour finir un an plus tard à 83kg) !
« Détox » ou détoxification ?
Il n’en demeure pas moins que l’homme possède naturellement de formidables capacités d’adaptation à son environnement, y compris en ce qui concerne la fréquence des prises alimentaires. Notre foie dispose par exemple de glycogène pour maintenir si besoin la glycémie constante entre les repas, nos muscles également pour assurer la contraction musculaire, ce stock pouvant par exemple tripler en cas de pratique sportive intensive. Sans compter sur les réserves localisées dans ces fameuses poignées d’amour, le tissu adipeux. Il est par ailleurs légitime de s’interroger sur l’intérêt de la mise au repos régulière du système digestif, au regard de la quantité d’énergie qu’il requiert au quotidien et de sa sollicitation permanente dans notre société d’hyper-abondance !
Dans cette continuité, le jeûne est aujourd’hui pratiqué dans un but de « détox », engendrant d’ailleurs une confusion fréquente dans les termes avec le principe de la détoxification hépatique et d’autophagie.
Il ne faut pas confondre :
- la « détox » qui est une simple stimulation des émonctoires (rein, peau, intestin, poumon) pour finir d’éliminer certaines toxines.
- la détoxification qui est une neutralisation des molécules toxiques par le foie
- l’autophagie qui est un recyclage des protéines usagées dans les cellules
Ces 3 processus régénérateurs sont activés durant le jeûne
Yoshinori Ohsumi (Prix Nobel) : « Le jeûne active l’autophagie, un mécanisme essentiel au renouvellement cellulaire. »

Les différentes durées de jeûnes
Dr Jason Fung : « Le jeûne n’est pas une privation, c’est une pause. »
Il existe de nombreuses façons de jeûner. Mais la pratique reine du jeûne qui apporte le plus de changements profonds, salutaires avec une adaptation facile est le jeûne de moyenne durée (3 à 10 jours). C’est dans ce laps de temps que l’organisme « privée » de nourriture déclenche un processus thérapeutique : la sanogénèse. C’est un mécanisme adaptatif dont les effets santé ont été largement démontré scientifiquement (amélioration des pathologies inflammatoires chroniques, diabète type 2, hypertension, et même certains troubles psychiques…).
Au-delà de 10 jours, j’ai pu constater après 25 ans d’expérience de pratique personnel du jeûne et la conduite de nombreux groupes de jeûneurs, que les bénéfices du jeûne sont parfois gâchés par des carences plus longues à compensées lors de la reprise alimentaire. Les jeûnes de plus de 15 jours seront réservés aux « traitements » des maladies chroniques dégénératives et seront atténués par des petits apports nutritionnels (soupe diluée, jus de légumes...). On parle alors de demi-jeûne.
Que se passe-t-il dans votre corps quand vous jeûnez ?
Pour ceux qui seraient tentés par l’expérience du jeûne, sachez qu’une pratique occasionnelle n’entraînera pas de carences, car l’organisme sait parfaitement s’adapter. Les réserves de votre dernier repas vont tout d’abord être utilisées, puis le foie, les muscles et le tissu adipeux (ces fameuses poignées d’amour !) vont fournir des substrats pour permettre le fonctionnement de vos autres organes. Durant un jeûne de plusieurs jours votre corps est continuellement nourri par ses propres tissus (autophagie). Heureusement il existe en chacun de nous une forme d’intelligence (force vitale) qui oriente notre organisme vers la consommation prioritaire de tissus « inutiles non vitaux », protéines usées mal repliées, des sucres et des graisses de réserve.
Le plus grand intérêt du jeûne est d’éliminer ce qui génère de l’inflammation dans votre corps.

Les étapes du jeûne
0 à 24h - Au cours des premières heures, votre corps utilise les nutriments consommés au cours de votre dernier repas pour vous apporter de l’énergie, en particulier les glucides qui vont parvenir dans le sang au fur et à mesure de votre digestion. Si vous avez consommé peu de glucides ou après quelques heures lorsque votre digestion est terminée, votre foie prend le relais pour nourrir en glucose vos organes dits gluco-dépendants (dépendant au sucre), en particulier votre cerveau. Pour obtenir l’énergie nécessaire à la contraction musculaire au cours d’un effort ou de votre journée, vous utilisez alors le glycogène stocké dans vos muscles. Une partie de l’énergie va également être puisée dans les réserves de graisses, et dans une moindre mesure à partir de protéines.
24h- 76h -Vous arrivez ensuite à la phase de transition du jeûne nécessaire pour permettre à votre organisme de mettre en route des voies de production d’énergie alternative, ce que l’on appelle la voie des corps cétoniques, ou cétogenèse. Produits par le foie à partir des graisses, les corps cétoniques sont principalement utilisés par les cellules musculaires et nerveuses. Ils représentent aussi un carburant alternatif au glucose pour le cerveau et peuvent représenter jusqu’à 70% de l’énergie utilisée par cet organe au cours des jeûnes prolongés. Ils contribuent par ailleurs à accroître les fonctions cognitives à court terme chez des patients atteints de démence (et de façon préventive aussi).
La période de « transition » survient entre le 2eme et le 4eme jour de jeûne selon les individus et leur préparation, c’est le point de bascule au terme duquel le corps libère de nombreux déchets mais aussi du sodium ce qui peut parfois s’accompagner de petits désagréments (migraine, baisse de tension, fatigue...). Heureusement, cette période ne dure pas et est le signe d’une nouvelle adaptation. Vous l’accepterez d’autant mieux que vous saurez que vous êtes sur la bonne voie. Un accompagnement par un professionnel avec des conseils avisés ponctués par des mesures spécifiques (prise d’eau de mer diluée, jus de citron, bouillons …) vous permettra de mieux vivre cette phase essentielle du jeûne. Une préparation spécifique que je partage avec mes jeûneurs rend aussi plus facile cette période d’adaptation.
5 jours et plus …
Une fois ce cap dépassé vous retrouvez votre énergie, votre vitalité, vous pourrez même ressentir parfois un peu d’euphorie, provoqué par la production des corps cétoniques. C’est à partir de ce moment que les bénéfices santé sont les plus importants. Vous entrez en vitesse de croisière du jeûne dans une phase royale d’adaptation durant laquelle vous commencez à bruler efficacement les corps cétoniques.

Les effets santé du jeûne
« Un corps entraîné à jeûner devient métaboliquement plus efficace. »
Votre système digestif se repose, vous gagnez de la vitalité et de la lucidité
C’est une évidence : vous ne mangez pas, par conséquent vous ne digérez pas. Et au regard de la quantité d’énergie utilisée et du niveau de sollicitation que nous imposons à nos organes digestifs au quotidien, leur donner un peu de répit peut apparaître salutaire, en particulier après les fêtes ou les excès. Le jeûne provoque ainsi chez bon nombre de personnes, une fois la transition de 2-4 jours réalisée, un regain de vitalité et de lucidité donnant l’impression « d’y voir plus clair ». Certaines études mettent par ailleurs en évidence une optimisation des fonctions cognitives.
Au niveau cérébral, le jeûne semble protéger les neurones des troubles dégénératifs, notamment des maladies d’Alzheimer et de Parkinson, voire du vieillissement d’une manière générale. Il stimule également la production de protéines neuroprotectrices. (BDNF)
La faim, un ennemi ponctuel qui peut être leurré
La faim est consécutive à l’absence de prises alimentaires bien sûr, mais aussi et surtout à la survenue des hypoglycémies. Ce n’est pas le cas lors d’un jeûne car la production de corps cétoniques permet de réduire voire de supprimer cette sensation qui disparaît dès le premier jour de jeûne si la préparation a été bonne. Le soutien d’un groupe de jeûneur tous solidaire est aussi très rassurant le premier jour. C’est pour cela que nous conseillons pour la première fois de jeûner en groupe. La pratique régulière du jeûne intermittent court permet aussi une entrée plus facile en jeûne.
Fonction antioxydante
La pratique du jeûne permet, chez la souris, une meilleure adaptation au stress en augmentant les enzymes antioxydantes et en réduisant à l’inverse les dommages oxydatifs. Une étude menée pendant 4 semaines chez des souris femelles soumises à un jeûne intermittent un jour sur deux, ou à une restriction calorique de 50%, met par ailleurs en évidence une diminution du tissu adipeux viscéral et une augmentation du tissu adipeux sous-cutané, traduisant ainsi une réduction des risques cardio-vasculaires notamment.
Système cardio-vasculaire
Le jeûne semble avoir des effets bénéfiques sur le fonctionnement cardiaque en réduisant les risques d’infarctus chez l’animal. De manière générale, de nombreuses études mettent en évidence un bénéfice significatif sur les capacités cellulaires d’adaptation aux situations de stress physiologique. La tension artérielle baisse aussi naturellement favorisant un repos cardiaque.
Améliorer les états inflammatoires
L’inflammation non contrôlée et chronique est impliquée dans de nombreuses pathologies. Le jeûne permet à l’organisme de mieux réguler les mécanismes à l’origine de l’inflammation chronique
Dr Jason Fung : « Le jeûne est l’outil le plus puissant pour réduire l’insuline. »

Réduire la résistance à l’insuline et traiter diabète et obésité
Des personnes remplaçant leur alimentation basée sur un modèle à trois repas par jour, par un apport d’environ 500 kcal quotidiennes deux jours par semaine voient de nombreux paramètres s’améliorer, en particulier leur sensibilité à l’insuline, ainsi qu’une moindre sécrétion de cette hormone et de la leptine, une meilleure mobilisation des acides gras du tissu adipeux et une plus grande production de corps cétoniques. On obtient des résultats similaires par la pratique de jeûne occasionnel (2 à 5 jours). Plusieurs études réalisées chez l’animal et chez l’Homme mettent d’ailleurs en évidence une augmentation de la sensibilité à l’insuline plus importante dans le cadre du jeûne intermittent que d’un régime hypocalorique classique entraînant une perte de poids similaire.
Meilleure respiration cellulaire
Le jeûne semble également stimuler la synthèse des mitochondries (usine respiration), au même titre que l’exercice musculaire, ce qui représente un facteur essentiel de prévention de santé et contribue à optimiser la réponse adaptative à l’entraînement.
Platon : « Je jeûne pour que mon esprit soit plus clair et mon corps plus léger. »
Réparation neuronale
Le jeûne stimule l’autophagie, favorisant ainsi le nettoyage des molécules endommagées, en particulier du foie, des reins et des tissus musculaires. Cette voie de réparation semble particulièrement intéressante dans le cadre de la prévention et l’inversion des maladies de Parkinson ou d’Alzheimer
Le jeûne n’est pas une privation, mais une pause salutaire qui offre à votre corps le temps de se réparer, de se renforcer et de se préparer à mieux vieillir. Expérimenter le jeûne, c’est choisir de prendre soin de soi avec intelligence, respect et efficacité, un « geste » simple, mais profondément transformateur.
THIVENT Jean-Brice
Pour aller plus loin vous pouvez découvrir mes vidéos sur YouTube et ma Chaine « Réflexion santé naturopathie », tapez juste mon nom : THIVENT jean-Brice et abonnez-vous vous apprendrez régulièrement !

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SEJOUR DE JEÛNE
Du 8 au 12 juillet 2026
A BAERENTHAL- VOSGES DU NORD
5 JOURS POUR UNE CURE DE JOUVENCE
LE SEJOUR EST PLACE CETTE ANNEE SOUS LE THEME DE
LA MEDECINE ANTI-ÂGE
Les objectifs de ce séjour :
- Favoriser le processus de détoxification
- S’offrir une pause pour régénérer l’organisme
- Améliorer sa vitalité et devenir acteur de sa santé
- Lancer un processus d’auto-guérison
- Prendre un nouveau départ
- Vivre un moment de bien-être et de partage
- Le Séjour est encadré par Jean-Brice Thivent, Naturopathe-Formateur, plus de 30 ans d'expérience du jeûne et auteur des livres « De l’homme dévitalisé à l’homme vivant » et « En finir avec le diabète et les maladies métaboliques » Ed°Néosanté
Planning d’une journée type
Réveil gym douce et exercices respiratoires dans la nature
Suivi personnel du jeûne : (poids, tension, pH urinaire, cétones ...)
Cours sur le jeûne (effets thérapeutiques, aspects pratiques...)
Promenade nature – Baignade en étang – sieste - Films
Conférences et veillées conviviales : Cette année les conférences traiteront le thème du bien vieillir : « Les stratégies pour hacker le vieillissement »
Chacun est libre de participer (ou non) à sa guise aux ateliers proposés.
Tarif : 450€/pers TTC (5 jours de suivi-cours-ateliers-logement-documents) – 20€ de réduction pour les anciens participants
Couples : 790€. Chambre de 2 personnes
Inscription avant le 10 juin dans les limites des 19 places disponibles.
Une préparation spécifique sera proposée durant les 3 semaines qui précèdent le séjour afin de rentrer dans le jeûne dans les meilleures conditions possibles.
Renseignements- Inscriptions :
06 95 30 37 87 / Mail : jbnaturo@orange.fr







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